Actions en faveur de l'accès à l’emploi des migrants et des réfugiés au niveau local

projet « Migration Ville à Ville en Méditerranée »

Les membres de CGLU participant au projet « Migration Ville à Ville en Méditerranée » (MC2CM) se sont réunis à Madrid pour faire part de leurs défis et partager leurs connaissances et leurs solutions concernant l’emploi des migrants et des réfugiés au niveau local. Cette deuxième réunion entre pairs du projet MC2CM s’est concentrée sur le rôle des gouvernements locaux et régionaux pour stimuler les opportunités d’emploi et d’entreprenariat des réfugiés et des migrants.

 

Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle primordial pour l'inclusion socio-économique des migrants

Les villes d’Amman, Beyrouth, Lisbonne, Lyon, Madrid, Tanger, Tunis et Vienne ont organisé deux jours de débats et d’échanges techniques avec des représentants de la Commission CGLU sur l'inclusion sociale, du Groupe de Travail Migration et Co-développement de CGLU, de l'Association suédoise des autorités locales et régionales et de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Cette réunion leur a permis d'apprendre des uns des autres et de partager les initiatives des autorités locales quant à l'inclusion des migrants sur le marché du travail.

Ces échanges ont permit de dégager plusieurs axes permettant aux gouvernements locaux d’agir sur les questions liées à l’emploi, même si elles ne relèvent pas habituellement de leurs compétences directes. Les participants ont notamment rappelé que les administrations municipales constituent en général un employeur important au niveau de la ville et qu’elles accordaient également des contrats. À ce titre, les autorités locales peuvent inclure des mesures pour l'intégration des migrants sur le marché du travail dans leurs propres processus de recrutement, tout en adoptant des règles spécifiques antidiscriminatoires dans leurs procédures de passation des marchés publics.

En outre, les villes ont un rôle important à jouer en tant qu’intermédiaire entre les personnes sans emploi et les entreprises locales. La visite de terrain proposée par la municipalité de Madrid en était un bon exemple. Les participants ont pu découvrir la stratégie de l'Agence pour l'emploi de Madrid, et la manière dont ils favorisent l'inclusion des groupes vulnérables (notamment les migrants) sur le marché du travail, en plusieurs étapes : analyse des possibilités d'emploi au niveau local, formation,  évaluations personnelles et prise de contact avec les employeurs afin d’accompagner l'ensemble du processus. Les participants ont pu rencontrer 12 moniteurs du développement local travaillant dans le centre-ville de Madrid. Leur but est d’améliorer la cohésion sociale, l'environnement et l’interculturalité, tout en démontrant la force de la création d'emplois pour la durabilité des villes et le développement personnel de chacun.

Ces éléments ont été mis en exergue par le discours de l'OIT, qui a souligné que les villes avaient un rôle à jouer pour la protection des droits des travailleurs, en garantissant le droit d'adhérer ou de créer des syndicats et en promouvant des politiques antidiscriminatoires. En outre, davantage de villes devraient participer à l'harmonisation des politiques migratoires et du travail. Elles jouent un rôle majeur au niveau de l'économie locale, en identifiant les futurs secteurs de croissance économique et en organisant les ressources humaines et la formation nécessaires à cette fin. 

L’expérience suédoise Fast Track illustre bien comment une meilleure coordination entre les différentes institutions (nationales, régionales et locales), le secteur privé et les partenaires sociaux pourraient améliorer et réduire la durée du processus d’inclusion des nouveaux arrivants sur le marché du travail, en identifiant  leurs compétences et les besoins des différents secteurs afin d'offrir une formation adaptée (technique et linguistique). Les migrants manquent souvent de ressources à cet égard et risquent en quelque sorte d’entrer dans le secteur informel pour couvrir leurs nécessités de base.

Les défis les plus courants, actuels et futurs, au niveau de la ville

L'économie informelle est un défi majeur pour les villes, car elle génère souvent plusieurs types de conflits, notamment pour les vendeurs de rue : concurrence déloyale (contribuables vs vendeurs informels), utilisation des espaces publics (places, trottoirs, etc.),  droits sociaux des vendeurs, illégalité lorsque les produits vendus sont contrefaits, etc. Les participants ont proposé diverses solutions en fonction de leurs propres expériences, telles que : proposer et légaliser des points de vente pour les travailleurs irréguliers, aider les vendeurs de rue à organisation des coopératives afin de mieux vérifier les produits qu'ils vendent et de formaliser leur activité, se tourner vers des solutions d'emploi alternatives (le tri sélectif à Beyrouth et Tunis permet de traiter les questions d'environnement et de créer des emplois pour les groupes les plus vulnérables, etc. Le point commun de toutes ces propositions est d’assurer la légalité de l'activité et les droits des travailleurs dans ce cadre.

Ainsi, les participants ont convenu de l'importance du rôle que les gouvernements locaux pourraient et devraient jouer quant à l'inclusion des migrants sur le marché du travail, même si les administrations des villes ne possèdent pas de mandat direct pour régler ce problème. En effet, comme indiqué lors de la réunion de Lisbonne, l’emploi est une étape fondamentale pour l'inclusion et la cohésion sociale. Les administrations locales devraient donc faciliter l'inclusion des groupes vulnérables, notamment les migrants, sur le marché du travail. Tous les participants ont reconnu que la migration est un phénomène qui se ressent dans leurs villes et qu’il augmentera de façon exponentielle dans les années à venir. Ainsi, une gestion durable devrait permettre d’inclure les migrants dès leur arrivée, afin de mieux valoriser leurs compétences et de prévenir leur exclusion.

Le projet MC2CM, financé par la Commission européenne, est mené à bien par l’ICMPD, en partenariat avec CGLU et ONU-Habitat. Le projet, qui a été lancé en février 2015, est prévu pour une durée de trois ans.

Pour de plus amples informations sur ce projet, veuillez contacter Lamine Abbad du Secrétariat Mondial de CGLU : l.abbad@uclg.org