Planification et espaces publics : une approche centrée sur l’humain pour l’agenda urbain

Planification et espaces publics

CGLU a tenu la première session de ses débats politiques le 17 juin 2014, sur un thème transversal inscrit à l’agenda mondial de l’Organisation : planification et espaces publics. Les participants à cette réunion, qui s’est déroulée dans le cadre du Bureau Exécutif de Liverpool, ont analysé les deux dimensions de l’agenda urbain : pourquoi les espaces publics sont-ils essentiels pour des villes humaines et vivables ? Comment les espaces publics peuvent-ils influencer des politiques urbaines inclusives ?

L’objectif de cette session était de démontrer le rôle des politiques urbaines locales dans l’agenda mondial, analysant les espaces publics en tant que thème transversal pour souligner une nouvelle façon de comprendre la ville et de l’appréhender comme une concentration de bien publics et de valeurs : un espace commun avec un accès égal pour toutes et tous aux loisirs, à la communication, à l’expression et à l’identité.

Le Secrétaire Général de CGLU, Josep Roig, a présidé la réunion et présenté les dimensions et les connections entre les stratégies locales, le leadership, l’équité et les espaces publics. Les participants ont convenu que les espaces publics influencent directement la vie des citoyens et qu’ils doivent donc être considérés comme biens publics.

Au cours de la réunion, Puven Akkiah, représentant de la ville de Durban, et Maria Regina de Souza, représentante de la ville de Porto Alegre, les deux villes qui président la Commission de Planification Stratégique Urbaine, ont apporté des contributions au nom de la Commission. Les participants ont également convenu qu’il est nécessaire de faire évoluer l’approche de la planification vers une approche centrée sur l’humain. Les politiques nationales doivent s’appuyer sur les dynamiques locales et l’agenda des espaces publics doit éviter une approche centralisée.

Puven Akkiah a déclaré que les espaces publics représentent l’environnement où tous les citoyens, indépendamment de leurs revenus ou de leurs situations personnelles, peuvent non seulement se sentir égaux mais aussi sentir l’attention qu’on leur porte. L’effort  d’apprentissage par l’échange que CGLU a lancé en mai 2014 à Durban, a mis en valeur la nécessité de développer la prise de conscience sur ce que sont les espaces publics, ce qui peut être fait dans ce domaine, ainsi que sur les motivations et la valeur stratégique de ce sujet.

Diana Lopez, d’ONU Habitat, a présenté le travail mené par ONU Habitat et la valeur de l’espace public dans l’agenda mondial de planification. Elle a tout particulièrement souligné qu’ONU Habitat s’engage à démontrer la valeur et les opportunités des systèmes et des rues organisés en espaces publics. ONU Habitat est disposé à développer sa coopération avec la Commission de Planification Stratégique Urbaine de CGLU sur ce sujet et a lancé une invitation à participer à la prochaine Conférence sur l’avenir des espaces à Buenos Aires qui se tiendra en septembre. 

Les élus locaux, tels que Greg Moore, Président de Metro Vancouver Roland Schaefer, Maire de Bergkamen et premier Vice-président de l’Association allemandes des villes et communes ; M. G. S. Vicky Lumentut, Maire de Manado ; et Richard Kemp, représentant de l’Association des Gouvernements Locaux du Royaume-Uni et conseiller de  Liverpool, ont tous souligné la nécessité de développer les liens entre les espaces et d’améliorer la fusion entre espaces publics et privés, en raison de la rapide transformation urbaine et du besoin de différencier les biens publics (parcs, terrains de sport,…). Ils ont mis en exergue l’immense diversité et la créativité des possibles actions impliquant les communautés, allant des « parcs de poche » en Indonésie à la présence de pianos dans les espaces publics à Vancouver.

Les expériences de l’Afrique du Sud ont été partagées par M. Trevor Fowler, directeur de la ville de Johannesburg, qui a affirmé le besoin d’apporter des exemples des différentes formes que peuvent revêtir les espaces publics dans le monde. Il a mentionné l’expérience de la ville de Johannesburg, où les parcs et les services étaient situés dans le centre en raison du système de l’apartheid et où l’accès aux espaces publics était limité. La volonté de l’administration actuelle est de transformer ces espaces en un projet appelé les « Couloirs de la liberté » et qui consiste à améliorer les installations et en installer de nouvelles, comme des centres civiques, une gare à Soweto et des espaces publics dans les quartiers plus défavorisés. Il a souligné que les actions internationales ont des répercussions locales.

Enfin, le Secrétariat Mondial a effectué un résumé et a proposé les prochaines étapes à suivre : 

  1. CGLU s’appuiera sur un manifeste : la campagne pour un développement centré sur l’humain et une forte implication des communautés dans la planification à l’échelle des quartiers, des villes et des régions.  
  2. CGLU peut recueillir les bonnes pratiques pour illustrer les 6 dimensions de GOLD IV et renforcer ces concepts par l’échange d’apprentissage et d’expériences et par le biais de partenariats entre les villes, ce qui peut être appliqué à l’échelle locale et renforcer la coopération.
  3. CGLU enrichira ce thème et mènera des actions de lobbying pour impliquer les dirigeants locaux dans l’agenda d’ONU Habitat sur les espaces publics, défendant les politiques, les biens publics, les services et le leadership locaux.
  4. La coopération entre les membres, les organisations, les institutions, les Commissions, les Sections régionales peut être améliorée en trouvant une articulation autour de ces sujets, à la lumière de l’intérêt des membres et de la richesse de leurs expériences variées.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire la note informative du débat politique.